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Compagnie L’Impertinente
Notre festival s’ouvre cette année sur un huis-clos fascinant. Le lieu est bien réel et les personnages ont existé. Le camp de Plaszow situé dans un faubourg de Cracovie en Pologne symbolise la brutalité des camps nazis, combinant travail forcé et extermination : 12 000 personnes y furent assassinées sans compter celles qui furent déportées ! Amon Göth en fut le commandant de février 43 à décembre 44 ; particulièrement cruel et sadique, ses actes infâmes sont représentés dans le célèbre film de Steven Spielberg La liste de Schindler relatant les efforts de l’industriel Oskar Schindler pour sauver les juifs. La pièce enquête sur la personnalité fuyante de Ruth-Irène Kalder surnommée « Majola » (1918-1983), compagne du « boucher de Plaszow », qui est-elle vraiment ? Une héroïne, une criminelle, un monstre, une victime, elle qui a partagé la vie du nazi et vécu ensuite près de quarante ans dans l’anonymat ? Le journaliste américain ancien combattant et son caméraman d’origine juive mènent un interrogatoire serré dans le palace de Munich où ils la rencontrent.
« (…) Le texte est puissant, l’intrigue troublante et captivante. Le déroulé est riche d’ambiguïtés et de rebondissements d’un bout à l’autre. Quant à l’interprétation de Marc Francesco Duret, Caroline Darnay et Duncan Talhouët, elle est remarquable. » (Le regard d’Isabelle – www.coup2theatre.com)
18h00 SYLVIA ET MARIVAUX
De Gérard Savoisien
Lu par Agathe Quelquejay et Michel Laliberté.
Théâtre Essaïon
Il y a de tout temps une interférence, voire une osmose entre les auteurs et leurs acteurs, parfois davantage. Pierre Carlet de Chamblain, plus connu sous le pseudonyme de Marivaux, n’échappe pas à ce penchant. Quand il va porter une de ses premières pièces Arlequin poli par l’amour chez les comédiens italiens il pense à Silvia Baletti pour qui il l’a écrite. En tout bien, tout honneur, chacun marié de son côté, ils se découvrent alors et s’apprécient. Une complicité s’établit. Elle est telle que quasiment tous les premiers rôles féminins de Marivaux s’appelleront Silvia par la suite. Mais la comédienne n’est pas heureuse avec son Mario d’époux qui la bat, l’auteur de son côté devient veuf, l’amitié devient tendresse, la tendresse inclination… On devine la suite.
Dans la plupart des pièces Marivaux ne parle-t-il pas d’amour ? La belle italienne n’était-elle pas pour sa part ravissante et piquante ? La proximité théâtrale aidant, j’ai donc fait le pari qu’ils s’étaient longtemps aimés. (Gérard Savoisien)
19h30 Apéritif et Assiette Périgourdine
21h00 LA RAISON DU PLUS FOU
De Franck Mercadal
Mise en scène : Grégori Baquet
Avec Grégori Baquet et Franck Mercadal.
Compagnie Vive
A vingt ans ils étaient amis, vingt ans plus tard ils sont devenus rivaux et ne se « parlent » plus que par œuvres interposées ! Rousseau vient de terminer ses Confessions, 1ère autobiographie moderne, dans laquelle il règle des comptes avec Diderot, ce dont se réjouit le pouvoir religieux pour mettre à profit la notoriété de Rousseau, afin de faire condamner à nouveau l’Encyclopédie, patronnée par Diderot, et qu’elle taxe d’impiété. D’ailleurs, avec son ami d’Alembert, le philosophe a dû batailler fort pour faire publier cette œuvre dont il est maintenant le seul rédacteur en chef et il craint que les lectures publiques que Rousseau est en train de faire de ses Confessions ne mettent l’Encyclopédie en péril. Pour la 1ère fois, il vient retrouver Rousseau afin de lui demander de cesser ses critiques, mais Rousseau refuse au nom de la sincérité. Diderot le défie aux échecs en proposant que le gagnant décide du sort de l’autre ! Une joute endiablée, parfois cruelle, s’engage, accompagnée de saillies verbales pleines de bon sens, d’humour et d’esprit et les deux duellistes prennent un malin plaisir à nous éclairer sur les dérives de notre monde moderne.
« Ce duel verbal, entre éclats de rire et réflexion profonde transcende les querelles philosophiques pour offrir un éclairage passionnant sur la condition humaine et les enjeux des Lumières (…) » (www.ville-taverny.fr)
Atelier Théâtre Actuel
Poète, romancier, et philosophe, la dualité action/réflexion innerve à la fois toute la vie et l’œuvre de Saint-Exupéry célèbre dès son vivant pour son engagement dans l’Aéropostale et pour ses nombreux ouvrages dont Le petit Prince. Possédé par une intense envie de vivre mais aussi d’exprimer avec poésie son humanisme, cet homme multiple, complexe et amoureux tourmenté, est constamment traversé par ses pensées, nostalgies, passions et fragilités tout en portant haut, les valeurs exigeantes de son sens du devoir et de la fraternité qu’il met sans cesse en pratique. Engagé pour la liberté dans le chaos de notre histoire, il fait entendre avec courage, sa singularité, refusant les clans, les idées toutes faites et la simplification des opinions.
« Un spectacle vibrant, entre ciel et sable, qui retrace la vie de Saint-Exupéry (…). Le décollage est immédiat, on plane, suspendus à la voix vibrante et au regard enfiévré de ce conteur fabuleux. Magnifique. » (Le Parisien)
L’Atelier de Mars
Cette adaptation de La mort d’Ivan Ilitch du grand écrivain russe Léon Tolstoï, récit publié en 1889, met en scène un jeune aristocrate ambitieux, le magistrat Ivan Ilitch, qui se réjouit ostensiblement de sa vie : ascension sociale, mondanités, conquêtes amoureuses, carrière professionnelle brillante- il est devenu Président du tribunal de Saint-Pétersbourg- Mais un jour tout bascule : à la suite d’une chute, il a éprouvé une petite douleur du côté gauche. Oubliée un temps, elle rejaillit violemment et s’installe. Le voilà confronté à la souffrance et à la maladie avec toutes les réactions qui les accompagnent dans cette société russe et bourgeoise de la fin du XIXe. Le personnage poursuit un voyage intérieur qui le conduit à rechercher le sens de son existence et, dans une quête profonde, à se débarrasser des masques de l’apparence pour enfin, au soir de sa vie, faire face à la lumière de sa vérité.
« Le courage, l’amour, c’est bien de cela qu’il s’agit ici. Remarquablement servi par un Hervé Falloux pénétré de sensibilité, entre humour et émotion, légèreté et profondeur, résonne d’une lumineuse actualité, mettant à jour les contradictions qui agitent nos existences. » (La Grande Parade)
Sea Art
Cette pièce est la nouvelle création de Francis Huster, un de nos plus grands comédiens français à la carrière illustre aussi bien au théâtre qu’au cinéma. Acteur, scénariste, metteur en scène, réalisateur, il est aussi écrivain. Sa fréquentation de Sacha Guitry ne date pas d’aujourd’hui : il lui a consacré en 2006 un ouvrage intitulé Sacha le Magnifique, mis en scène en 2010 au théâtre de la Gaîté Montparnasse. S’attaquer à un tel monument du théâtre français relève à la fois de l’audace et de l’admiration ! Considérant que Sacha Guitry n’a pas été traité à sa juste valeur Francis Huster a écrit la pièce Un cancre au Paradis dans laquelle il incarne le personnage de Sacha Guitry qui vient, en 1957, le jour de son enterrement, se raconter pour savoir s’il a le droit d’être accueilli au paradis auprès de ses grands ancêtres. Le violoncelle de la jeune et talentueuse Callune Kippeurt, ponctue le spectacle par des airs de chansons célèbres de 1895 à 1957. A n’en pas douter une rencontre prestigieuse entre Francis Huster et Sacha Guitry !
Théâtre de la Chute
Adaptation du roman Thinks de l’écrivain britannique David Lodge, mort en 2025, le spectacle met en scène la rencontre sur un campus universitaire, d’un homme et d’une femme que tout oppose, intellectuellement et sentimentalement. Les acteurs ayant appris les deux rôles sont tirés au sort au début de la représentation pour jouer l’un ou l’autre personnage, ce qui remet en question de façon très contemporaine, le conditionnement du genre et l’incidence du rôle du hasard ! L’un est un chercheur en sciences cognitives, matérialiste et libertin ; l’autre est littéraire et d’un tempérament réservé ; l’un est marié avec enfants, l’autre a perdu son conjoint et espère encore trouver consolation dans la religion. Ils débattent sur la conscience humaine et chacun selon sa méthode écrit son journal cherchant à deviner les pensées secrètes de l’autre… Ils n’avaient certainement pas prévu l’attirance qui les pousse l’un vers l’autre !
« Benoît Verhaert et Florence Hebbelynck jouent avec un naturel réjouissant et rafraîchissant, infusé d’autodérision. » (La Libre Belgique)
Théâtre de la Tempête
Partant de la certitude qu’au théâtre « le meilleur moyen de se poser une question, c’est de la mettre en jeu joyeusement », le metteur en scène et sa troupe proposent au public d’arriver avec des objets qui serviront à la réalisation du spectacle et seront ensuite donnés pour les partager à des associations bénévoles ! « Donner », « recevoir » que sont devenus aujourd’hui ces deux actes fondamentaux de notre humanité dans une époque où coexistent le désir d’une consommation effrénée et celui d’une nécessaire sobriété ? Comment alors représenter L’Avare de Molière et cette maladie de l’âme qui ronge Harpagon en le poussant à l’obsession de tout posséder dans une folie destructrice qui le conduit à vouloir dévorer la jeunesse et les amours de ses propres enfants ! Le texte originel de la comédie est à la fois respecté et revisité afin, comme l’explique le metteur en scène, de « retourner au vif, à l’os de la pièce et de notre pratique, au cœur des questions que se pose Molière ».
« Clément Poirée, donne un coup de jeune au chef-d’œuvre de Molière. Un Avare réinventé jusqu’à son final plein de surprises ! » (Télérama)
Reine Blanche Productions
La pièce est une adaptation scénique du manuscrit d’un ouvrage inachevé de Camus retrouvé dans la sacoche de l’écrivain lors de son accident mortel en 1960. C’est un Camus intime que nous découvrons : il évoque sa naissance en Algérie, son enfance et son adolescence avec sa mère, et les rencontres qui ont profondément marqué sa vie. La pièce s’articule autour de quatre personnages et progresse selon le fil conducteur de la recherche par Camus des traces de son père mort à la guerre de 14, alors qu’il n’avait qu’un an. Dans cette quête des origines, il se rend compte que le legs essentiel de son père c’est celui d’un profond dégoût de la violence. En témoignent sa position nuancée et son désir d’équité quand il s’exprime sur la crise algérienne et rédige aussi ses Chroniques algériennes dont certains passages tissent habilement le texte de cette pièce.
« Mettre en scène Camus aujourd’hui, c’est faire entendre sa parole forte, engagée et humaniste. C’est tenter de faire exister un positionnement impossible dans un monde encore plus bipolaire qu’en 1956 lorsqu’il tentait de réconcilier Algériens et Français autour du concept. » (Note des auteurs : Elisabeth et Jean-Philippe Bouchaud)
Compagnie Les Bienlunés
C’est l’heure du goûter : Pipoune et Henri ont tout préparé avec minutie et précision. La maladresse d’Henri a failli provoquer sa chute et Pipoune, un brin maniaque, a failli se fâcher ! A présent, nos clowns sont bien installés et prêts à déguster leur plaisir chocolaté… Mais si l’un part que va-t-il se passer ? Celui qui reste saura-t-il attendre, obéir à la consigne donnée, résister à ses tentations gourmandes, supporter la frustration, refreiner sa colère ? Les enfants connaissent bien les interdits auxquels ils sont souvent confrontés, les adultes aussi d’ailleurs ! Que vont bien pouvoir faire nos clowns avec ce thème universel ? S’amuser et nous amuser sans doute tout en explorant avec tendresse les émotions qui nous traversent, cultivant ainsi l’art du lien : celui qui nous fait rire, nous émeut, nous interroge.
« On passe par là. On s’arrête. On dépose quelques étoiles. On observe vos yeux pour voir si ça brille. On repart avec le sourire. » (Mathilde Paillon – Interview dans « Avignon et moi » 02/07/2025)
Le Grenier de Babouchka
Publié en 1844, le roman d’Alexandre Dumas, fait partie de notre patrimoine littéraire. Il a suscité de très nombreuses interprétations dans des genres différents. Cette nouvelle mise en scène place au centre, les trois histoires d’amour, car les destins amoureux et tragiques de la Reine, de Constance et de Milady sont véritablement le moteur de cette grande fresque épique et sentimentale dont l’intrigue est connue de tous : un jeune Gascon, d’Artagnan, monte à la capitale pour se mettre au service du roi dans la Compagnie de ses Mousquetaires ; après une rencontre tumultueuse, il se fait trois amis : Athos, Portos et Aramis. « Un pour tous et tous pour un ». Les voilà donc quatre, ardemment dévoués à la reine Anne d’Autriche, compromise dans une affaire d’Etat. Mais face à eux, ils vont devoir ferrailler contre deux ennemis redoutables, Richelieu et Milady, qui s’activent sans relâche…
« Un formidable spectacle épique et artistique monté par une compagnie qui fait preuve de ses talents multiples non seulement pour le jeu, mais aussi la danse et la musique, prise en charge par les acteurs avec brio et finesse. Un rythme haletant qui relève haut la main le pari de reprendre Dumas avec dynamisme et enthousiasme. » (www.historia.fr)
Compagnie Caravane
Depuis 10 ans, ce spectacle a conquis le cœur du public et de la critique. Il évoque pourtant des sujets profonds et chargés comme le deuil, la dépression, l’amour et la séparation, traités avec délicatesse et humour dans la pièce originelle de Duncan Macmillan. A l’âge de 7 ans, un enfant apprend par son père que « (sa) mère a fait une grosse bêtise » ! A partir de ce moment, il décide, pour lui redonner goût à la vie, de rédiger la liste de tout ce qui vaut la peine de vivre et de la glisser sous son oreiller. D’autres « tentatives » suivront et le narrateur devenu adulte raconte comment il a étoffé son inventaire jusqu’à aujourd’hui, conscient de l’immense chance d’être en vie ! Au fur et à mesure que l’histoire se raconte, en mêlant comédie et improvisation, des spectateurs sont invités à y prendre part dans un jeu de rôle malicieux.
« Une pièce qui fait du bien, dont on sort, gonflé à bloc, avec une terrible envie de vivre et de faire sa propre liste de choses géniales. Un véritable plaidoyer pour la vie ! (Sandrine Thurot – www.classiqueenprovence.fr)
Lucernaire Diffusion
Cette adaptation théâtrale a été réalisée pour l’anniversaire des 50 ans de la disparition de Marcel Pagnol (1895-1974), un de nos célèbres écrivains à la fois classique et populaire. L’action, comme celle du film sorti en 1938, se situe dans les années 40. Dès le début de la pièce, nous sommes immergés dans l’univers provençal de Pagnol : Irénée, modeste garçon épicier, élevé par son oncle pour lequel il travaille, se rêve en grande vedette persuadé d’avoir un don de naissance le destinant à une grande carrière. Il tombe dans le piège d’une équipe de cinéastes parisiens en tournage dans la région, qui, amusés par sa naïveté et son ego démesuré, fomentent un avatar, lui faisant croire qu’il vient de décrocher le contrat du siècle ! Sourd aux avertissements de ses proches, Irénée, papier en poche, monte à la capitale et réussit à se présenter au studio ; la mauvaise farce du début prend vite une autre tournure…
« (…) les personnages de Pagnol sont plus complexes qu’ils en ont l’air. On s’y attache et cela fait finalement un moment d’une grande tendresse (…) Le Schpountz est profondément universel et cette adaptation le prouve avec brio. » (L’avis de Martin – La critique de l’Affiche)
Sea Art et Compagnie Le Temps de Dire
Jean Giono est surtout connu pour ses romans qui célèbrent dans une atmosphère quasi intemporelle la vie que menaient au début du siècle dernier les paysans et les artisans de Haute-Provence. Mais, profondément meurtri par la 1ère guerre mondiale dont à 20 ans, il a vécu, au front les pires horreurs, il publie en 1937 Refus d’obéissance. C’est ce recueil et deux autres intitulés Précisions et Recherche de la pureté qui, regroupés, constituent les Écrits pacifistes édités en 2013 et adaptés aujourd’hui à la scène. Par les descriptions précises de cette guerre de tranchées, le spectateur se retrouve plongé dans les affres insoutenables vécues par les soldats et la diversité des comportements humains confrontés à l’insupportable quand plus rien de policé ne peut subsister. Du tréfonds de l’âme humaine jaillit cependant la petite étincelle commune qui fait notre humanité.
« Ce texte qui a plus de 90 ans est d’une actualité qui fait réfléchir et donne le frisson. La langue est pure, rapide, actuelle. La voix, la diction parfaite de Paul Fructus rend hommage à cette langue. » (Sylvie Durbet-Giono)
Le Petit Montparnasse
En pleine canicule estivale, une jeune femme vient d’être quittée par son compagnon après de multiples et orageuses disputes que le voisin du dessous n’a pas manqué d’entendre à travers la tuyauterie de l’immeuble ! Elle est jeune, belle, pleine de vie et lui, veuf et prof de philo à la retraite, est un vieux ronchon. Et l’impensable se produit : elle lui propose de partir en vacances : il a du temps, et une vieille Talbot décapotable encore fonctionnelle, alors pourquoi ne pas s’échapper ensemble vers une campagne plus accueillante ? Il commence par rechigner en lui assénant quelques conseils pour qu’elle récupère son fugitif, puis, il se laisse tenter et les voilà partis ! Le spectateur assiste alors à un road-movie théâtral dans lequel ces deux personnages que tout oppose, à commencer par l’âge, vont faire « le plus improbable des périples, emportant avec eux, leurs rêves, leurs fantômes et leurs fichus caractères ! »
« Philippe Magnan, tout en nuances, nous rappelle que l’amour frappe à tout âge. Quant à Lou Chauvin- révélation !- elle irradie la scène de sa vivacité, de sa drôlerie, de son émotion. Ensemble, ils forment un duo inédit, qui flirte entre l’amitié, la filiation et l’amour sans jamais lasser. À voir absolument. À vivre, même. » (Laetitia Heurteau – www.esprit-paillettes.com)
Compagnie Tête chercheuse
Le spectacle est une adaptation d’un essai de Martin Page intitulé : Au-delà de la pénétration qui fit sensation en 2019. Cet ouvrage interroge avec un sérieux mêlé d’humour, la norme de la pénétration dans les rapports hétérosexuels comme symbole de la domination patriarcale.
Le comédien y endosse la voix de l’écrivain et son enquête sur le sujet. Le public se retrouve directement embarqué avec délicatesse, humour, intelligence et une dose d’anticonformisme dans ses questionnements, ses réflexions, ses désirs… Et, pour ne pas monopoliser la parole sur cette exploration complexe de la sexualité contemporaine des voix féminines apportent leurs témoignages poignants et le comédien s’interroge même sur sa légitimité à parler de ce sujet.
« Quelle joie de voir ce texte si puissant adapté au théâtre ! J’en ai redécouvert toutes les subtilités grâce à la mise en scène et à l’interprétation de Yves Heck (…) Ne manquez pas ce seul en scène. » (Chloé Thibaud – La Pause Simone)
Matrioshka Productions et Compagnie L’idée du Nord
Adaptée par le comédien, du roman éponyme d’Olivier Guez, prix Renaudot 2017, la pièce restitue la fuite puis à partir des années 70, la traque de Mengele, le boucher d’Auschwitz. Entre 39 et 45, ce féru de génétique et de surcroît docteur en anthropologie a envoyé 400.000 hommes, femmes et enfants dans les chambres à gaz, commis l’impensable en se livrant à des expériences macabres pour satisfaire ses obsessions : il tue, dissèque, infecte volontairement ses cobayes… sans aucun état d’âme ! Pendant presque 40 ans, il a bénéficié de nombreux soutiens complices dont celui de l’Argentine péroniste où il se réfugie en 1949. Omnipotent, tyrannique, il vieillit, tombe malade, s’enfonce dans la paranoïa et poursuit sa cavale au Paraguay, au Brésil en échappant jusqu’au bout aux poursuites et à la justice. Seul, son fils Rolf, après l’avoir longtemps cherché vient lui renvoyer un ultime miroir.
« Une pièce d’une belle intelligence, d’une irréfutable nécessité à l’heure où, des dizaines de conflits déchirent le monde, déshumanisent les victimes, jettent sur les routes des milliers d’exilés, tandis que paradent les fauteurs de guerres et d’horreurs. Un spectacle pénétrant qui ne peut laisser indifférent. » (Christian Kazandjian – La grande parade)
Atelier Théâtre Actuel
« Si je m’en sors, j’écris un livre » et ce livre est aujourd’hui mis en scène et interprété par son autrice. Au départ le diagnostic est celui d’une simple grippe mais le cœur lâche et le pronostic vital est engagé… Tout individu en réanimation malgré le soutien des proches et de certains soignants est transporté dans « une sorte de dimension parallèle ». Sa parole ne pouvant être entendue, il ne lui reste plus que « le dialogue intime de soi à soi aux choses qui (lui) sont chères et qui (le) raccrochent à la vie, de soi aux personnes qu’(il) aime ». Que faire alors pour revenir au monde, survivre à un tel traumatisme ? Pour sortir de cette forêt métaphorique dans laquelle on cherche désespérément son chemin dans le brouillard ? Survivre est bien sûr déjà une belle victoire mais il va falloir recréer le lien avec les autres.
« Une ode à la vie, à la résilience et à l’humanité. C’est un rappel puissant que même dans les moments les plus sombres, il est possible de trouver la lumière, de la beauté et de l’espoir. Ce spectacle est à ne pas manquer car il laisse une empreinte indélébile dans le cœur de ceux qui ont la chance de le voir. » (www.foudart-blog.com)
Compagnie Thomas le Douarec
Le portrait de Dorian Gray, adaptation scénique de l’unique roman de l’écrivain irlandais Oscar Wilde (1854-1900) résonne singulièrement aujourd’hui dans notre société marquée par le jeunisme. Dandy et vaniteux, le jeune protagoniste est un jeune homme dont le visage reflète une beauté d’une grande pureté ; son ami et artiste Basil Hallward en fait le portrait, et lorsque Dorian entend le cynique et mauvais génie Lord Henry, plaisanter en disant que le portait vieillira à sa place, il fait un vœu, dans une sorte de pari faustien, pour que cela se réalise ! Apparemment, il restera éternellement jeune pendant que le portrait reflètera la dégradation de son âme, stigmatisée par une quête effrénée de plaisirs et d’expériences multiples dont les conséquences seront tragiques.
« C’est un petit bijou à mettre devant tous les yeux (…) pièce magnifiquement interprétée. On jubile à l’écoute de cette fine réflexion sur l’art, la jeunesse, la beauté. » (France inter – Le Masque et la Plume)

